Arriver à Hermance?

 

N’oublions pas qu’Hermance est savoyarde jusqu’en 1816. La route principale qui y mène n’est alors pas du tout orientée vers Genève: c’est le «Chemin vieux», qui aujourd’hui ne conduit plus que vers bois et champs, mais à l’époque, c’est la voie vers Langin et l’arrière-pays. Le «Pont vieux» de 1799 prouve l’importance du trafic, et deux kilomètres plus loin, le joli pont de Marival ou «Pont des Autrichiens». Arrêtons-nous un instant sur ce Pont Vieux: il a été construit à l’époque où Genève et la Savoie sont rattachés à l’empire napoléonien, riche en grands travaux d’infrastructure. La borne-frontière sur le parapet date de 1816: Hermance vient d’être rattaché à la Suisse; la lettre G du côté suisse signifie évidemment Genève, et le S côté français désigne la Savoie, ou le Royaume de Piémont-Sardaigne: ce n’est en effet qu’en 1860 que la Savoie devient française. Cette borne est ainsi une petite leçon d’histoire et d’archéologie…

Pas de «Route d’Hermance» pendant longtemps, donc. Autrefois, l’arrivée par le sud se faisait par la route de Chevrens. On entrait dans la ville d’Hermance par une porte, disparue, entre l’église et la cure. C’est vers 1850 que l’on construit la route d’Hermance par Collonge et Anières; elle coupe en deux l’ample propriété Mayor, la Baronne, et entraîne la démolition de plusieurs bâtiments pour l’entrée. C’est de là que date le magnifique coup d’œil sur le village que nous connaissons aujourd’hui, et qu’il faut préserver.

A la même époque, Hermance s’est dotée d’un quai, car auparavant, les maisons du bord du lac avaient les pieds dans l’eau, comme aujourd’hui à Nernier.

Le lac, le quai, les bateaux, et plus tard le tramway? Des moyens de transport pour arriver à Hermance, nous parlerons une autre fois.